Les expositions du festival

Expositions présentées du 14 mars au 14 avril 2019

Willy Ronis dans le vignoble pomerolais

Cette année, le vignoble pomerolais va s’habiller des photos grand format de Willy Ronis.

Une exposition réalisée avec le soutien de la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Ministère de la Culture. Tous les tirages modernes seront réalisés sur support jet d’encre, soit sur bâche, soit sur dibon.

Cette exposition est aujourd’hui possible car Willy Ronis a fait don à l’État français de son œuvre.

En clôture du festival, le dimanche après-midi, Françoise Denoyelle fera une balade commentée de ce parcours photo en plein air, le dimanche 17 mars à 15h, départ devant la Mairie de Pomerol.

Hugues de Wurstemberger, une expo événement au Carmel de Libourne…

Né en 1955 à Berne d’un père suisse et d’une mère française, le photographe Hugues de Wurstemberger, H2W pour les intimes, a toujours su capter l’événement avec une authentique vision d’auteur. Son style est identifiable entre mille : qualité du noir et blanc, cadrage carré du moyen format, art d’excentrer le sujet de manière à donner un rôle prépondérant à son environnement, refus de l’effet autant que de la répétition…

Lauréat du prix Niepce en 1990, il entreprend alors un travail d’ampleur sur les Alpes suisses et le monde paysan. Pour ce faire, il interroge les liens entre le paysage alpin, l’activité laitière et les hommes qui en vivent, conscient de livrer là le témoignage précieux d’un monde en train de disparaître et qui est situé aux antipodes, comme il le dit lui-même, de « la Suisse des banques et de la propreté. »

Inauguration de l’exposition de Hugues de Wurstemberger (Agence VU’) au Carmel de Libourne, jeudi 14 mars à 18h30

Ouverture du mercredi au dimanche de 14h à 17h

Les projections commentées

Jane Evelyn Atwood : Regards sur l’exclusion…

Née à New York et vivant en France depuis près de cinquante ans, Jane Evelyn Atwood est une photographe d’envergure internationale fascinée par les gens en général et la notion d’exclusion en particulier, ce qui l’a amenée à pénétrer des mondes dont la réalité demeure méconnue aux yeux du grand public. Auteur de treize livres, dont certains sont consacrés aux prostituées de Paris, aux aveugles ou aux femmes confrontées à la violence, elle est considérée comme la référence photographique déterminante sur l’incarcération féminine, notamment en raison de son ouvrage Women in Prison (paru chez Phaidon en 2000), résultat de dix années de travail sur les criminelles de droit commun dans quarante prisons différentes de neuf pays : « Au départ, la curiosité était mon principal motif, explique-t-elle. La surprise, le choc et la stupeur ont pris le relais. Car la politique mise en œuvre dans les prisons de femmes consiste à humilier plutôt qu’à réhabiliter. »

Projection, salle polyvalente de Pomerol, samedi 16 mars à 19h30

Xavier Lambours, la remise en question perpétuelle…

L’aventure commence dès 1974 pour Xavier Lambours qui fête ses vingt ans au sein de la turbulente rédaction de Hara-Kiri créée en 1960 par François Cavanna et le professeur Choron. C’est là qu’il fourbit ses armes durant sept années consacrées au portrait et au roman-photo. Dès 1983, il couvre son premier Festival de Cannes pour Libération et publie son premier ouvrage, Ciné-Monde, avec les Cahiers du cinéma. Anna Schygula, Orson Welles, Scorsese, Truffaut, Lynch, Wong Kar-Wai… Les plus grands sont passés devant son objectif, révélant, comme il le reconnaît lui-même, une affinité profonde avec le 7e art : « Le cinéma m’a amené à la photo. Chaque portrait est un film. Je n’hésite pas à mettre en scène… Je suis devenu photographe en voulant faire du cinéma. C’est le grand dilemme de ma vie. »

Projection, salle polyvalente de Pomerol, vendredi 15 mars à 19h30

Les expositions pendant le festival

vendredi 15 mars à partir de 18h30, samedi 16 et dimanche 17 mars – de 10h à 17h

Pascal Peyrot, Une collection unique (Syndicat Viticole)

Appareils argentiques, mais aussi numériques, ou même smartphones, Pascal Peyrot collectionne appareils et matériel photo pour son plaisir, mais aussi « pour valoriser le patrimoine français ». Après l’acquisition de son premier Reflex (un Ricoh XR2S) à la fin des années 80, puis l’achat de quelques boîtiers trouvés ici et là, cet « iconomécanophile » court les brocantes et les vide-greniers pour enrichir son trésor. Aujourd’hui, il possède quelque 900 pièces, dont la plupart sont visibles au Musée Atelier de la Photographie qui a vu le jour il y a un peu plus de deux ans dans la Villa Maglya de Beautiran.

Exposition au Syndicat Viticole de Pomerol

Marc Dekeister, la passion du Polaroid (Maison des Associations)

« Je crois que le Polaroid a été pensé par Edwin Land comme une chose un peu différente de la photographie », explique Marc Dekeister. Cet illustrateur et photographe atypique, qui a d’abord étudié les arts graphiques à l’ESAG, a connu le déclic après quinze années de pratique du Polaroid, au point de faire aujourd’hui référence en matière de « photographie instantanée », qu’il détourne volontiers vers un traitement abstrait. « Mes dessins et Polaroids sont les deux faces d’une même pièce », explique-t-il.

Exposition à la Maison des Associations de Pomerol

Ludovic Vauthier, la difficile alliance entre passé et modernité (Syndicat Viticole)

La photo comme résistance à l’accélération du présent. Tel pourrait être le leitmotiv de Ludovic Vauthier, né à Paris en 1973 et qui s’est pris de passion pour la photographie à l’âge de quatorze ans en tombant sur un livre de Cartier-Bresson. Son projet sur les « bâtisseurs » du sous-continent indien débute en 2000 et reçoit le second prix Agfa Multicontrast présidé par Sébastiao Salgado. Argentine, Équateur, Brésil, Pérou… À chaque fois, les personnes rencontrées, paysans et gens du peuple, craignent de voir leur mode de vie englouti par les foreuses pétrolières, les pelleteuses des grands groupes miniers ou la construction d’un projet d’université. Tous, à leur façon, revendiquent le droit de pouvoir cultiver des terres non exploitées afin de subvenir à leurs besoins.

Exposition au Syndicat Viticole de Pomerol

Georges Bartoli, la condition des femmes à travers le monde (Mairie de Pomerol)

Reporter photographe depuis 1983, Georges Bartoli s’est d’abord illustré dans la presse locale avant de collaborer régulièrement pour la presse nationale au Monde, au Nouvel Observateur, à Libération, à Marianne, à L’Humanité. S’il travaille principalement sur les thématiques sociétales, environnementales, politiques et économiques en France et dans le monde, il a récemment décidé de zoomer sur la condition des femmes en menant un énorme travail de sélection de ses négatifs et de ses fichiers numériques accumulés depuis trente-cinq ans. Il a ainsi retrouvé des récits troublants à travers ces regards croisés, qu’ils soient chargés d’angoisse et de détresse muette, ou de joie éphémère.

Exposition à la Mairie de Pomerol

Les conférences

La conservation du patrimoine (Françoise Denoyelle, Pierre Ciot et Ronan Guinée)

Françoise Denoyelle est historienne et professeur des universités. Elle a entrepris une histoire économique et industrielle de la photographie et publié une trentaine d’ouvrages sur le sujet, dont Studio Harcourt (1992), Le Siècle de Willy Ronis (2012) et tout récemment André Malraux, Portraits (2017). Elle fut par ailleurs présidente du collectif de photographes « Le Bar floréal Photographie » et préside l’association de défense des donateurs et ayants droit de l’ex-patrimoine photographique devenue depuis 2011 l’association pour la promotion des fonds photographiques.

Pierre Ciot est auteur photographe et reporter photographe indépendant, membre du collectif de photographes Act / Photographie diffusé sur Divergence-Images, au sein duquel il poursuit la réalisation de reportages sur l’actualité politique, sociale, culturelle et économique dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur. Pierre Ciot a notamment été, en 1980, lauréat du prix « Air France / Ville de Paris ». En l’an 2000, sa série de 2000 portraits de personnes nées dans la cité phocéenne a donné lieu à un livre aux éditions Parenthèses sous le titre Nés à Marseille.

Ronan Guinée est chargé de collections au Département de la photographie, à la Médiathèque de l’architecture et du patrimoine, Fort de Saint Cyr.

Conférence, Maison des Association de Pomerol, dimanche 17 mars à 10H30

Didier Daeninckx : « Ma rencontre avec Willy Ronis »

Même si le romancier et essayiste Didier Daeninckx se défend d’être un « spécialiste » de la photo, il sait que son amitié nouée avec l’immense Willy Ronis vaut toutes les intronisations. Il est notamment l’auteur de plusieurs textes accompagnant les images du Prix Nadar 1981 : Belleville Ménilmontant (paru chez Hoebeke), Un Village en France (chez Paperback). Le photographe fait par ailleurs de la figuration dans le roman Missak publié en 2009, quelques semaines à peine avant sa disparition. Mais c’est sans doute dans À nous la vie ! : 1936-1958 (Hoebeke) que les affinités entre les deux hommes et les points de vue convergents sur la société sont les plus évidents. En écho aux photos de Willy Ronis captant dans le monde ouvrier l’esprit du Front populaire, Didier Daeninckx retrace l’itinéraire d’un jeune ouvrier, de l’embauche à la première escapade au Touquet-Paris-Plage. Dans cet ouvrage, un même regard attendri et complice sur ces militants dignes et courageux relie les deux hommes, loin du « manichéisme de l’iconographie habituelle des congés payés », comme le remarque l’historienne Françoise Denoyelle.

Conférence, Maison des Associations de Pomerol, samedi 16 mars à 16h00

Picasso et Dora Maar, l’amour et la guerre, par Alain Vircondelet

Universitaire et docteur en histoire de l’art, Alain Vircondelet a publié de nombreuses biographies d’écrivains (dont celles de Saint-Exupéry et d’Albert Camus) ainsi que des livres d’art consacrés à Venise, à son ami Balthus et à l’un des grands peintres naïfs sorti de l’ombre grâce à lui, Séraphine de Senlis. Tout récemment, il vient de publier chez Flammarion Guernica 1937, roman où il s’attache à mettre en perspective la naissance du couple Picasso-Maar et la création de l’œuvre monumentale Guernica. Le « Minautore » et celle qu’il surnommait « la femme qui pleure » ont vécu une passion dévorante. Il faut dire que le peintre n’a pas son pareil pour déclencher les orages et les explosions qui vont nourrir son œuvre :  » Il n’est pas exclu qu’il y ait chez Picasso une obscure volonté d’humilier Dora ; il ne lui épargne ni les affronts ni les brimades » note Alain Vircondelet.

Conférence, Maison des Associations de Pomerol, samedi 16 mars à 10h